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Une semaine d'expérimentation octobre 2009

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Une semaine d’expérimentation

du 5 au 10 octobre 2009

 

Une collaboration entre  l’Ecole Supérieure d’Art d’Aix-en-Provence et Sentiers  avec les étudiants de 1ère année, www.ecole-art-aix.fr

 

Comment explorer un espace naturel et comment y expérimenter différents types d’observatoires ? Comment faire traces et récits ? Cette semaine d’expérimentation a été organisée à l’initiative de Jean-Paul Thibeau.

En ouverture de leur première année d’études, l’équipe pédagogique  propose aux étudiants une semaine d’immersion dans un lieu hors de la cité. Permettre à  des jeunes en formation artistique de s’extraire de l’environnement urbain et s’interroger sur leur relation à la nature dans leur recherche artistique rejoint complètement les orientations de Sentiers. Dès le printemps 2009, ont lieu les premiers repérages sur le terrain d’expérimentation et pour étudier les potentialités d’hébergement (environ une trentaine de personnes à héberger), répertorier toutes les questions logistiques à solutionner. En Juin, le projet de cette semaine d’expérimentation est validé par la direction de l’école. En Septembre, l’organisation se finalise entre l’école, Sentiers, les lieux d’hébergement, la commune. Trois artistes du collectif de Sentiers seront présents durant la semaine et feront des propositions d’expérience au groupe : Mathias Poisson, Sylvie Giron, Rachel Bénitah.


 
le 5 octobre

A 13h, premier pique-nique sous les châtaigniers. Brèves présentations, échanges  de nourriture et d’informations.  Découverte du terrain au cours d’une promenade floue sur une proposition de Mathias Poisson. La première impression du terrain et de l'environnement que les étudiants auront, sera avec la vue brouillée par les  lunettes floues, pas de vision exacte de ce qui les entoure, seulement des formes, des couleurs ; ainsi les autres sens sont sollicités prioritairement : l’ouïe, l’odorat, le toucher, la perception du sol. Après quelques consignes de sécurité données, chaque étudiant est équipé d’une paire de lunettes floues.

Alignés en file indienne, se tenant à une corde qui les relie les 40 étudiants marchent sur le chemin qui mène au terrain. Ils sont guidés par Mathias Poisson qui trace le parcours, alternance entre les lieux et situations : sur le chemin, dans un espace ouvert, dans un sous-bois. Le groupe est immobilisé dans une sorte de clairière sous des châtaigniers.
La consigne donnée aux étudiants est de ne pas quitter les lunettes eux-mêmes. Elles  leur sont retirées.

Pas de parole, juste les respirations, quelques bruissements de feuilles sous les pieds. Un sas après une heure de marche, de concentration dans le déplacement, la perception, les sensations.

Mathias propose de noter  avec un stylo 4 couleurs les différentes étapes traversées, les sensations, impressions, les visions, les appréhensions et de dessiner le croquis du parcours réalisé et perçu. Chacun s’installe, assis par terre, écrit, dessine.Puis des groupes de 5 personnes sont constitués pour échanger sur l’expérience vécue, lire un extrait de notes ou relater le parcours.     

 

le 6 octobre

A 10h, rendez-vous à l’ancienne église avec Patrick Astier - Maire de Lamelouze et Grégory Bordes - garde pêche, forestier, habitant de Lamelouze.  Dans l’ancienne église, les étudiants se  sont installés  assis par terre le long des murs, carnet et crayons en mains, et pour certains l’appareil photo.

Grégory Bordes leur parle de la vallée, de la rivière, des arbres, de la vie dans la vallée, des traces architecturales, la construction des murs. Patrick Astier présente la commune, l’histoire du  terrain... Ils répondent aux questions des étudiants.

Après cette rencontre, Mathias Poisson propose une mise en mouvement sur l’aire  près de l’ancienne église : marcher dans l’espace en prêtant attention au groupe, à l’autre, choisir un partenaire, marcher avec lui, l’un ferme les yeux l’autre le guide, le conduit dans la marche avec des arrêts, des changements de direction, de niveau, d’allure… Il donne quelques principes de base pour l'accompagnement d'une personne aveugle/ être proche tout en laissant un espace entre soi et l'aveugle, tenir le bras au niveau du coude sans le serrer, avec souplesse et fermenté. Il invite les étudiants à réaliser une promenade deux par deux, l’un ferme les yeux, l’autre le guide.Il constitue lui-même les couples: tout le monde a les yeux fermés, il rapproche une personne d’une autre. Le guide ouvre les yeux. La personne qui a les yeux fermés ne sait pas qui est son guide. Les couples partent ainsi les uns après les autres sur le chemin. Une attention particulière est installée pour assurer la marche et veiller à l’autre ; les visages calmes, largement ouverts comme s’ils devenaient des capteurs sensoriels. A chacun son rythme. Arrivé à la plateforme  rocheuse au dessus du Galeizon, pique-nique pour tous.  Le chemin du retour est effectué comme pour l’aller, par couple en changeant de rôle, celui qui guidait ferme les yeux, celui qui avait les yeux fermés devient guide.

Arrêt dans une clairière, espace en sous-bois situé en contre bas du chemin, à mi chemin entre le promontoire rocheux au dessus du Galeizon et l’ancienne église. Là, Mathias Poisson fait deux propositions :  10 minutes de notes en écriture automatique  (écrire sans arrêter le stylo ce qui vient immédiatement) et exploration personnelle de quatre types de  paysage :visuel, olfactif, sonore, et imaginaire, suivie de la  création d’une carte qui réunit les éléments de chaque paysage :

Les consignes : 
- utiliser le crayon 4 couleurs, choisir une couleur par univers (sonore, olfactif, végétal, minéral,)
- définir un graphisme par  éléments constituant le paysage ( arbres, broussailles, murs, chemin…)
- créer une légende 
- prendre 5 minutes pour faire une maquette et 25 minutes pour réaliser la carte.
 Trente minutes plus tard, les carnets sont installés en ligne au sol, sorte d’exposition instantanée. Discussions, prises de vue, moment de pause… Bilan sur les deux premières journées avec Mathias.  

 le 7 octobre

10h Atelier de danse dans le paysage, proposé par  Sylvie Giron.

A 20h30, une rencontre est proposé sur "la littérature orale et comment ̏faire récit" avec Marc Aubaret, directeur du Centre Méditerranéen de Littérature Orale (contes, légendes, épopées, mythes).

 

le 8 octobre

Expériences diverses encadrées par les enseignants de l’école : dessin, couleurs, photographie, enregistrement sonore, installation...

 

le 9 octobre

15h à la salle polyvalente : préparation de la rencontre avec la public. La salle est transformée en salle d’exposition : tables sur lesquelles sont installés les carnets de dessins, quelques objets détournés composent une installation sonore, l’isoloir électoral sert de cabine d’écoute, l’urne électorale abrite un mini paysage sonore, un diaporama regroupe les images de la semaine, une étudiante manipule des pierres sur une table.

La rencontre est officiellement ouverte par Patrick  Astier (Maire de Lamelouze), Gille Brunn (vice-président de la communauté de communes du Pays Grand Combien), Marie-Claire Gelly Aubaret (présidente de Sentiers), Pierre Paliard (professeur d’histoire de l’art, représentant le directeur de l’école supérieure d’art d’Aix-en-Provence) et Jean Paul Thibeau qui donne quelques repères sur le déroulement de la semaine et de la rencontre.

Les visiteurs entrent dans la salle. Ils vont et viennent d’une proposition à l’autre, participent, discutent avec les étudiants. Ils aperçoivent ou non, au cœur de l’exposition, "une impromptue" dansée par Sylvie et quelques étudiants Les discussions se poursuivent autour d’une ̏castagnade˝ préparée par Sabine et Jean-Michel Jacquot-Pintard (habitant de la Lamelouze).

 

le 10 octobre - dernier jour -

12h visite du site de Peyraube voir ce site.  Rachel Bénitah fait  une dernière proposition au groupe  :

- s’asseoir confortablement, fermer les yeux, revisiter le déroulement de la semaine jour   après jour, repérer les traces qui subsistent plus intensément dans la mémoire.

- marcher sur le premier cercle de pierres, à pas lents puis plus rapides, seul à l’écoute du groupe, puis en se mettant en relation avec une personne de son choix.

Après le pique-nique, retour en bus vers Aix-en-Provence.

 

 

 

 

 

 

 


 

 

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